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Article paru dans l’Echo: PME l’embauche presque gratis…

Le conseil des ministres a entériné le dispositif de baisse de charges sur les trois premiers emplois d’une PME. C’est la première concrétisation de la stratégie de relance lancée en juillet.

Article paru dans l'Echo: PME l'embauche presque gratis

La PME qui engage ses premiers travailleurs sera quasiment exonérée de toutes charges patronales, avec l’entrée en vigueur de l’intensification de la réduction de charges sur les trois premiers emplois, décidée ce vendredi par le conseil des ministres. Le dispositif coulé dans un arrêté royal des ministres Monica De Coninck (Emploi) et Laurette Onkelinx (Affaires sociales) sera appliqué à toutes les premières embauches effectuées à partir du 1er octobre.

L’indépendant qui est devenu créateur d’emploi il y a quelques mois sera-t-il donc exclu du mécanisme? Heureusement non. Le gouvernement a en effet prévu un effet rétroactif. Comme la réduction de charges s’étale sur 13 trimestres (voir infographie), une embauche effectuée il y a un an (4 trimestres) sera éligible au mécanisme pour les neuf trimestres restants, selon les barèmes prévus. Cette rétroactivité ne sera toutefois effective qu’à partir du 1er janvier prochain.

Ces réductions sont particulièrement élevées sur le tout premier emploi (6.000 euros la première année). « Il faut agir massivement à ce moment-là car, pour engager son premier collaborateur, un indépendant doit presque doubler son chiffre d’affaires du jour au lendemain », résume la ministre des Classes moyennes, Sabine Laruelle (MR).

L’aide sera dégressive sur treize trimestres, elle n’est pas liée au respect d’un quelconque plafond salarial. En année pleine, cette mesure devrait coûter 49 millions d’euros. Ce montant devrait toutefois être compensé par des créations d’emplois.

Aide wallonne en prime
Le coup de pouce fédéral annule en pratique les charges patronales sur les petits salaires. Mais il y a moyen d’aller plus loin. Les PME wallonnes peuvent en effet engranger aussi une aide régionale pour l’engagement d’un demandeur d’emploi.

Il s’agit d’un incitant financier (10.000 euros la première année; 7.500 la deuxième et 5.000 la troisième). Cette aide peut être majorée de 2.500 euros pour les publics cibles (+ 50 ans, chômeur de longue durée…) et, c’est là que les deux dispositifs se renforcent parfaitement, pour les trois premières embauches d’une PME.

L’entreprise qui crée son premier emploi peut donc bénéficier, la première année, de 6.000 euros de réductions de charges fédérale et de 12.500 euros d’incitants financiers régionaux. Soit la coquette somme de 18.500 euros. « La mesure fédérale complète utilement notre initiative, se réjouit le ministre wallon de l’Emploi, André Antoine (cdH). Cela offre un effet de levier inédit au développement de l’emploi dans les petites entreprises. »

Stratégie de relance
La réduction de charges sur les trois premiers emplois est la première mesure concrète de la stratégie de relance, initiée en juillet par le gouvernement fédéral.

Les autres dispositions entreront en vigueur le 1er janvier ou le 1er trimestre 2013. Cela concerne notamment la baisse des cotisations personnelles (hausse du salaire net), la réduction de charges pour cinq emplois temps-plein dans l’horeca ou la subsidiation de 10.000 stages en entreprise pour des jeunes demandeurs d’emploi. Ils seront sélectionnés sur base de leur motivation dans la recherche d’emploi, durant les six mois qui précèdent l’entrée en vigueur. Le gouvernement devrait prendre les arrêtés royaux nécessaires lors d’un conseil des ministres thématique en décembre.

Parallèlement, la stratégie de relance est approfondie avec les Régions (qui ont remis une liste de suggestions d’appuis fédéraux, à l’image du processus sur les trois premiers emplois d’une PME) et les partenaires sociaux, invités à imaginer des mesures dans le cadre de l’accord interprofessionnel.
par Christophe De Caevel

Source: L’ECHO – 21/09/2012