Le Contexte

➣ Une inefficience coupable

➣ La situation belge

 

Une inefficience coupable

Le secteur du bâtiment, qu’il soit résidentiel, commercial, industriel, d’affaires ou public, est aujourd’hui un gros consommateur d’énergie et une source majeure d’inefficience. En la matière, la Belgique, avec un parc immobilier vieilli et énergivore, figure parmi les mauvais élèves de la classe européenne.

La bonne nouvelle est que le réaménagement et la mise en conformité du parc existant et la construction de nouveaux bâtiments plus durables et respectueux des ressources énergétiques peuvent contribuer largement à concrétiser les objectifs de réduction de consommation et d’émission de gaz à effet de serre (GES) que s’est fixés l’Europe en général et notre pays en particulier.

Les progrès des techniques de construction, de surveillance et gestion du parc, neuf ou ancien, d’optimisation des diverses consommations en fonction de l’usage réel et des ressources disponibles, promettent des avancées sensibles. Les secteurs de la construction, de la gestion immobilière et de l’ICT se liguent de plus en plus pour relever les défis. De leur collaboration renforcée viendra une amélioration tangible des performances énergétiques et environnementales.

Le bâtiment, à l’heure actuelle, est encore un lieu où cohabitent de multiples systèmes disparates qui n’ont pas été conçus et aménagés dans une vue d’ensemble cohérente, qui plus est soucieuse des ressources. Aujourd’hui, la technologie permet de réconcilier et de faire interagir les systèmes de chauffage, de ventilation, de contrôle d’accès, de téléphonie, de gestion du parc informatique, etc.

Nombre de défis subsistent néanmoins: normalisation balbutiante, vieillissement du parc, recherche de nouvelles sources d’énergie, manque de coordination ou de passerelles entre les différents métiers…

 

La situation belge

La majeure partie du parc immobilier belge est vieillie (78% des bâtiments sont antérieurs à 1981) et mal isolée. Avec une moyenne de 348 kilowatts heure (kWh)/m² par an, l’efficience énergétique du parc résidentiel belge ne soutient pas la comparaison avec les autres pays européens (France: 234; Pays-Bas: 181; Allemagne: 242). Elle est en outre 72% supérieure à la moyenne européenne en termes de consommation par m² à chauffer. Source: McKinsey “Pathways to world–class Energy Efficiency in Belgium”, 2009.

En 2005, 35% de l’énergie consommée en Belgique était accaparée par le chauffage et l’éclairage des bâtiments.

Répartition:

- 73% pour l’immobilier résidentiel

- 27% pour le secteur public et commercial.

Ce dernier se subdivise comme suit:

- écoles: 30%

- hôpitaux: 30%

- administration publique: 30%.

Pour réaliser de réelles économies, il faudra définir des objectifs ambitieux pour l’optimisation, voire le remplacement des systèmes d’éclairage, chaudières et autres appareils électroménagers, isoler toitures et fenêtres… Selon McKinsey, un programme complet de réaménagement représenterait un investissement de 24 milliards d’euros sur les 20 années à venir, avec un ROI (retour sur investissement) moyen de 8 ans.

L’exercice de réduction de la consommation d’énergie primaire dans les bâtiments permettrait de réduire les émissions belges de gaz à effet de serre d’environ 25 MtCO2e (millions de tonnes équivalent CO₂) à l’horizon 2030 par rapport à l’année de référence (1990).