Opportunités et Solutions

➣ Un thème porteur

➣ Solutions

➣ Le rôle de l’ICT

 

Un thème porteur

L’un des chapitres-phares de la quête d’une meilleure efficience énergétique sera celui des “smart grids”. Mais ces réseaux électriques intelligents doivent pouvoir s’appuyer sur des bâtiments qui soient en mesure d’exploiter l’intelligence qu’ils génèrent et véhiculent. Le “bâtiment intelligent” – qu’il soit simple consommateur d’énergie ou participe au processus de production (photovoltaïque, par exemple) – se doit d’être un pion agissant de la future Toile énergétique.

Notre projet-pilote sera l’un des premiers jalons que nous poserons dans la poursuite de cet objectif, dans l’espoir qu’il inspire de nombreuses initiatives- privées, publiques, industrielles, commerciales ou citoyennes. Le potentiel est en effet énorme.

Tant par les progrès à réaliser que par la diversité des postes d’amélioration et la variété des types de bâtiments concernés (habitations, logements sociaux, kots d’étudiants, bâtiments publics, entreprises petites ou grandes, bâtiments industriels, infocentres et salles informatiques), le “bâtiment intelligent” est porteur de belles perspectives de développement et de progrès pour l’économie et les acteurs locaux.

Le chantier – et les opportunités d’activités économiques et créatrices qu’il implique – est vaste. Citons simplement ce chiffre venu d’outre-Manche: pour concrétiser les objectifs de réduction de CO₂ qu’il s’est fixés à l’horizon 2050 (- 80%), le Royaume-Uni devrait rénover un bâtiment par minute (26 millions d’habitations et environ 2 millions de bâtiments commerciaux ou non-privés)d’ici 2050.

L’avènement du bâtiment intelligent touchera une multitude de secteurs et de métiers qui en bénéficieront via le développement de nouvelles technologies et solutions, la création d’emploi, la promotion de nouvelles compétences… Citons notamment les techniciens de la construction, la connectique, la domotique, l’immotique, la conception d’outils de gestion et d’analyse de données, la sécurité (transferts et stockage d’informations), les producteurs de systèmes de chauffage et d’éclairage, les sociétés de gestion immobilière, les architectes et entrepreneurs, les gestionnaires énergétiques (logement social, immeubles d’affaires, bâtiments publics…).

Pour un pays qui a “une brique dans le ventre”, le bâtiment intelligent est potentiellement très porteur pour les petits et grands acteurs, qu’ils viennent du bâtiment ou de l’IT. Si le secteur du bâtiment est encore le parent pauvre de l’informatisation, un mouvement de rapprochement est à l’oeuvre. Fusions et acquisitions se multiplient au plus haut niveau: Siemens, Schneider Electric, Johnson Controls, Honeywell, IBM, Cisco, Intel, Autodesk et consorts posent leurs pions, cherchant à enrichir leur catalogue de solutions “vertes” via des solutions spécialisées, sectorielles…

 

Solutions

Au-delà de la construction de bâtiments neufs, répondant à de nouvelles normes, l’avènement de bâtiments intelligents passera par la modernisation et/ou la mise en adéquation du parc existant, avec mise en oeuvre d’une variété de dispositifs et de solutions informatiques et électroniques:

- capteurs, logiciels de surveillance mesurant des paramètres tant techniques que comportementaux, logiciels d’individualisation des charges

- gestion technique du bâtiment (GTB): gestion centralisée des systèmes de régulation de température (chauffage, ventilation, commande des stores…) au niveau d’un même bâtiment, d’un parc d’immeubles ou d’un (micro-)réseau

- maintenance préventive, identification et signalement de problèmes potentiels (déperdition d’énergie, fuite d’eau…) par analyse des déviations statistiques

- information plus précise des consommations et de l’impact qu’ont nos comportements sur elles

- utilisation plus “intelligente” des ressources disponibles, par optimisation des consommations mais aussi via répartition plus judicieuse de la production et de l’exploitation de l’énergie

- gestion prévisionnelle des consommations et productions afin de “lisser” les recours à tel ou tel type d’énergie et planifier ceux sur lesquels le consommateur a un pouvoir (micro-production…)

- adaptation automatique du fonctionnement de certains appareils en fonction des conditions ambiantes (température, lumière, humidité…) et des besoins (par période de l’année, moment de la journée, présence ou absence des occupants, taux d’activités…)

- optimisation des techniques de construction, utilisation optimale des équipements et matériaux. Exemples: découpe optimisée du bois de coffrage pour couler le béton ; utilisation optimale des engins et équipements de construction (bulldozers, excavatrices, grues, camions de transport…) via recours à des systèmes GPS de gestion de flotte, avec analyse des schémas d’utilisation (immobilisations excessives, optimisation des parcours, de l’usage des différents modèles, facturation du coût réel par véhicule, optimisation des agendas de maintenance basés sur les heures d’utilisation réelle…)

 

Le rôle de l’ICT

Quelques exemples de solutions ICT possibles:

- logiciels de simulation de performance énergétique, préalable à la construction de nouveaux bâtiments, permettant de tester divers scénarios (en fonction de la pose de double ou triple vitrage, du type de toiture ou d’éclairage…)

- logiciels de surveillance, collecte, transfert, stockage, gestion et analyse des données

- logiciels de détection d’erreurs ou de modification non autorisée de paramètres, permettant d’éviter qu’un usager voire un gestionnaire mette à mal l’optimisation énergétique programmée

- pilotage des systèmes de chauffage, de ventilation, de climatisation, d’éclairage, d’accès, de gestion des ascenseurs, de protection (volets, stores…)

- logiciels d’optimisation de la consommation, de l’utilisation de l’espace disponible, de la gestion opérationnelle du bâtiment

- systèmes de commande à distance (GSM, Internet…), infrastructure de collecte, de transmission et de stockage des données et signaux (compteurs, capteurs, routeurs, actionneurs, réseaux, serveurs, disques…)

- logiciels de planification de la maintenance, avec hiérarchisation automatique des tâches et des interventions en fonction des taux de consommation, de vieillissement des équipements, des contraintes environnementales

- fusion ou intégration entre logiciels d’asset management, d’energy management et de facilities management

- logiciels de simulation permettant d’anticiper l’impact de modifications architecturales sur les performances énergétiques du bâtiment, de moderniser des bâtiments existants et de les mettre en conformité avec les nouvelles directives et réglementations. Un logiciel convertit par exemple d’ores et déjà la photo d’un immeuble en un modèle 3D;.La saisie de données (météo, taux de luminosité…) permet alors de simuler l’impact de tel ou tel choix architectural et de calculer l’efficience énergétique équivalente (consommation d’eau, d’électricité, émission de GES…)

- ordinateurs personnels, GSM ou tablettes tactiles transformés en télécommandes énergétiques, permettant de gérer les différents équipements, domestiques ou professionnels